<<-Quelqu'un peut aller chercher une chaise ?
Contente de pouvoir me rendre utile, je me suis élancée vers la niche où étaient habituellement entreposé les accessoires. Pourtant, l'espace était vide. J'ai alors poursuivi vers les coulisses. Monté les quelques marches. Poussé la porte.
Rien n'avait changé.
Peut-être était-elle un peu plus encombrée ?
La chaise de Milady, celle en cuire brun, était toujours à sa place, accompagnée de sa jumelle. Le petit tabouret noir aussi.
L'imposante table de Richelieu occupait le centre de la petite pièce, jonchée d'un tas d'objets que j'avais du mal à identifier dans la pénombre.
Je n'osais pas allumer la lumière, de peur de voir la porte derrière laquelle j'avais patienté de longues scènes, le trac au ventre, ou le trône de velour du Roi, monté sur ses roulettes. De voir la latte grincente près de la seconde porte, menant à la loge. Et d'appercevoir, par l'embrasure de cette porte, le canapé de velour où j'avais posé ma robe noir. Le caddis où nos affaire avaient été entreposées. Le miroir déformant devant lequel on s'était coiffées. Et peut être même, si j'avais détaillé, aurais-je trouvé un bout de mon ruban rouge, ou bien le chapeau de De Winter. Ou, pire encore, mon poignard remplit de son liquide sang..
Mais je n'ai pas allumé la lumière.
J'ai pris une chaise, et je suis sortie, ignorant la boule qui me tordait le ventre.>>